Economie de la montagne

Publié le 28/03/2018 à 15:34 par loeilquimord Tags : sur soi voyage

Il y a quelques jours, je suis allé à un séminaire où le cas des taxes de douane a été longuement examiné. En effet, les macro-économistes ont établi depuis longtemps que les droits de douane étaient en soi une erreur, pour ne pas dire une stupidité. On peut donc se poser la question: pour quelles raisons ces impôts déguisés demeurent-ils de nos jours ? Premièrement, une taxe douanière qui est attribuée à un bien spécifique est instaurée pour ménager un secteur d'activité. Il est particulièrement aisé aux firmes et aux principaux acteurs d'un secteur de s'accorder pour lancer des pressions organisées, vu qu'ils peuvent tous convenir du fait que le problème a une importance fondamentale pour leur compétitivité, momentanément au moins. Seulement, à compter du moment où ce droit de douane est exercé, son coût, qui s'exprime par une élévation du prix de vente, est enduré par un ensemble de particuliers bien plus vaste, qui a naturellement davantage de difficultés à s'assembler sur le plan politique. Pour cette raison, les gouvernants satisfont plus ces collectifs ô combien minoritaires mais convenablement concertés, plutôt que la majorité, qui subit pourtant de plein fouet ces mesures. Les lobbies se font d'autant mieux entendre pour maintenir les droits de douane qu'ils sont souvent présents dans une circonscription où leurs votes peuvent influer sur les élections suivantes. Cependant, cette aide gouvernementale pourrait prendre une autre forme : pour quelle raison revêt-elle systématiquement la forme de tarifs de douane ? Ce choix est dû essentiellement au fait que si le secteur automobile français est en difficulté face aux importations de voitures nippones, il paraît plus simple de mettre en oeuvre une pénalité qui ralentira tout simplement les japonais. S'il choisissait de subventionner l'industrie française, le gouvernement devrait en effet faire appel aux impôts pour financer ces subventions. Or, les administrés accusent déjà l'Etat d'aider Renault. Un tarif de douane est donc plus simple à élaborer au niveau politique: d'une part parce qu'il prétend éreinter la concurrence, et d'autre part parce qu'il paraît rehausser les recettes du gouvernement, alors qu'une subvention semble à l'inverse les atténuer. Même si nous sommes conscients qu'un droit de douane impacte évidemment les administrés (en haussant le tarif de chaque produit taxé), l'administration fait le choix des tarifs de douane parce qu'ils confèrent moins de désagréments politiques à l'État, quitte à rendre les industries françaises moins compétitives à force d'assistanat. Les lobbies industriels français ressemblent ainsi à un élève qui se tirerait une balle dans le pied pour ne pas aller à l'école, et qui se réjouirait d'avoir obtenu sa journée de repos ! Une vision, comment dire, à court terme. Davantage d'information est disponible sur le site de l'agence de voyage de ce séminaire entreprise à la montagne. Cliquez sur le lien.