Liberté d’expressionaux Emirats Arabes Unis

Publié le 21/03/2018 à 18:40 par loeilquimord Tags : sur homme création internet solidarité

L'année dernière, les autorités locales ont encore restreint arbitrairement la liberté d’expression et d’association, en invoquant des dispositions du Code pénal et des lois de lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité qui érigent en infraction le fait de critiquer pacifiquement les politiques ou les représentants de l’État. Au moins 13 personnes ont été arrêtées ou jugées pour de tels motifs. À Doubaï, deux hommes ont été arrêtés pour avoir « porté une tenue féminine », en violation de leur droit à la liberté d’expression. En mars, le gouvernement a annoncé la création du Parquet fédéral chargé des infractions liées aux technologies de l’information, qui a pour mission d’enquêter et d’engager des poursuites au sujet de faits dont certains relèvent de la liberté d’expression. En août, les autorités de Doubaï ont suspendu pendant un mois le site d’actualités Arabian Business, l’accusant d’avoir publié de « fausses informations » relatives à des projets immobiliers non menés à terme. Un défenseur des droits humains de premier plan, Ahmed Mansoor, a été arrêté en mars. Il n’avait pas encore pu entrer en contact avec un avocat à la fin de l’année. Il était maintenu à l’isolement et, à l’exception de deux visites de ses proches, en détention au secret, ce qui constituait une violation de l’interdiction de la torture et des autres mauvais traitements. En mars également, la Cour d’appel fédérale siégeant à Abou Dhabi, la capitale, a confirmé la peine de 10 ans de réclusion prononcée contre Nasser Bin Ghaith, un prisonnier d’opinion. Cet homme avait été arrêté arbitrairement en 2015 et a affirmé pendant son procès qu’il avait été torturé. En avril, il a entamé une grève de la faim pour protester contre le fait de ne pas être autorisé à consulter le jugement de la Cour d’appel ni à s’entretenir avec son avocat. En juin, le procureur général des Émirats arabes unis a annoncé que toute personne qui montrerait de la sympathie à l’égard du Qatar s’exposerait à 15 ans de prison et une amende. En juillet, Ghanim Abdallah Matar a été placé en détention après avoir publié sur internet une vidéo dans laquelle il exprimait sa solidarité avec la population du Qatar. La Cour suprême fédérale a confirmé la condamnation de Tayseer al Najjar, journaliste et prisonnier d’opinion jordanien, à trois ans d’emprisonnement assortis d’une amende de 500 000 dirhams des Émirats arabes unis (136 135 dollars des États-Unis) et de son expulsion du territoire émirien. Cet homme était détenu depuis décembre 2015 pour avoir publié sur Facebook des commentaires jugés « préjudiciables à la réputation et au prestige de l’État émirien ». Le défenseur des droits humains Mohammed al Roken était toujours en détention. Ce prisonnier d’opinion purgeait une peine de 10 ans d’emprisonnement prononcée en 2013 à l’issue d’un procès collectif inéquitable (appelé le procès des « 94 Émiriens »). Il a reçu en mai le Prix international des droits de l’homme Ludovic-Trarieux.